Exposition

Peintre formé à Paris dans l’atelier de Delaroche aux côtés des futurs photographes Gustave Le Gray, Henri Le Secq et Charles Nègre, Roger Fenton se tourne vers la photographie vers 1850. Proche de la reine Victoria, il reçoit en 1855 l’ordre d’aller en Crimée photographier le siège de Sébastopol où l’Angleterre, la France et le Piémont soutiennent l’Empire ottoman contre la Russie.
De mars à juin 1855, Fenton fournit des images aseptisées d’un conflit sanglant, très impopulaire en Europe. Son « camion photographique » sert de cible aux tirs russes. La forte lumière et la chaleur de l’été rendent ses conditions de travail difficiles, très vite les prises de vues au collodion humide ne peuvent avoir lieu que le matin à l’aube. Il photographie alors soldats, officiers, correspondants de guerre (dont celui du Times), participe à la vie quotidienne de l’Etat-major, assiste le 8 juin 1855 au conseil de guerre qui décide de l’attaque du Mamelon-Vert. Après trois mois d’un reportage éprouvant, fiévreux et déprimé (il a vu mourir des amis, côtoyé son beau-frère blessé), Fenton rentre en Angleterre avec 360 clichés-verres qui sont tirés sur papier salé et publiés par livraisons par l’éditeur Thomas Agnew à Londres.
Ces tirages, acquis dès octobre-novembre 1855 par le duc d’Aumale alors exilé à Londres, figurent parmi les premières photographies de sa collection et constituent un des tout premiers reportages de guerre aux origines de la photographie.


Commissariat : Nicole Garnier, conservateur général du Patrimoine chargée du musée Condé.

 

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