1914-1919

Si la ville de Chantilly ne souffre pas directement de destructions au cours de la première guerre mondiale, elle est toutefois, dès novembre 1914, par ses capacités d’accueil et sa proximité avec le front, le premier centre de décisions du pouvoir militaire allié. Durant quatre années, la menace de raids aériens allemands est permanente. Le château de Chantilly et ses collections, légués à l’Institut de France par le duc d’Aumale, sont en péril. À travers la présentation de documents d’archives inédits conservés au château de Chantilly, complétés par des photographies, le musée Condé célèbre le centenaire de 1918-2018 et rappelle ces heures angoissantes et tragiques.

 

Le Domaine de Chantilly face à la guerre : 1914-1919

Les documents présentés éclairent d’abord le souci de l’Institut de France et du conservateur-adjoint des collections, Gustave Macon, d’évacuer les œuvres du musée Condé vers Toulouse et Dijon, pour partie en 1914, puis totalement en 1918. Tous s’inquiètent de l’état de conservation des collections avant de se languir de leur retour.

L’exposition pointe ensuite les nombreuses réquisitions menées par l’armée française dans les propriétés immobilières et foncières du domaine de Chantilly : exploitation forestière, mise à disposition de terrains pour l’entraînement de l’aviation militaire, utilisation des Grandes Écuries pour les services du camouflage et du parc automobile, transformation de la bibliothèque Lovenjoul en ambulance…

Enfin, un dernier volet honore les employés de l’Institut de France à Chantilly mobilisés dès les premiers jours et tout au long du conflit, dans les rangs d’unités combattantes ou auxiliaires. Certains n’en reviennent pas, d’autres mutilés. Gustave Macon, trop âgé pour être mobilisé, fait preuve d’un sang-froid exemplaire et ne ménage pas sa peine pour guider dans les galeries et le parc du château les militaires du Grand Quartier Général de Chantilly et les soldats soignés dans les hôpitaux locaux. C’est sa manière de participer à l’effort de guerre.

L’année 1919 marque l’épilogue. Après une longue attente et des péripéties de transport liées au contexte chaotique d’après-guerre, les collections regagnent le château de Chantilly. Les armées quittent les terres cantiliennes de l’Institut de France qui réclame légitimement des dédommagements de guerre.

 

Informations pratiques :

Exposition incluse dans le billet Domaine sans supplément

Lieu : Galerie de Psyché dans le château