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Raphaël, Poussin, Watteau, Ingres, ils ornent les galeries du musée Condé

Les Trois Grâces de Raphaël (entre 1504 et 1505)

Localisation : Le Santuario

Ce tableau est le plus petit de Chantilly mais aussi le plus précieux : inspiré d’un marbre antique, il est l’une des rares œuvres profanes peintes par Raphaël (1483-1520).
Une radiographie du tableau a révélé que la composition de Chantilly avait été modifiée par l’artiste : à l’origine, seule une des trois femmes, celle de gauche, tenait dans sa main une boule d’or. Il s’agirait de la représentation du Jugement de Pâris et des trois déesses grecques : Héra, Athéna et Aphrodite. Par la suite, Raphaël mit une pomme dans la main de chacune des femmes qui deviennent ainsi des Hespérides, conférant l’immortalité à ceux à qui elles offriront ces pommes.

Portrait de Simonetta Vespucci de Piero di Cosimo (vers 1480)

Localisation : La Rotonde

Simonetta Vespucci était, dit-on, l’une des plus belles femmes de Florence au milieu du XVe siècle, elle a notamment servi de modèle à Botticelli. Si le portrait est une ode à la beauté, il est aussi un hommage posthume. Simonetta Vespucci décède en effet précocement à l’âge de vingt-trois ans, de la tuberculose. En souvenir de la jeune femme, Julien de Médicis, frère de Laurent le Magnifique, commande alors le tableau à Piero de Cosimo (1462- 1521). La symbolique, avec le serpent de l’éternel recommencement et les arbres morts d’un côté et vifs de l’autre, évoque la brève destinée du modèle et le cycle de la vie.

Le Massacre des Innocents de Nicolas Poussin (vers 1628-1629)

Localisation : La Galerie de Peinture

Commandé à Nicolas Poussin (1594-1665) pour la décoration du palais de Vincenzo Giustiniani à Rome, ce tableau est inspiré d’un épisode de l’Évangile selon saint Mathieu. Le roi Hérode, averti par les mages que vient de naître à Bethléem le roi des Juifs, décide de faire exécuter tous les enfants de moins de deux ans. Le roi Hérode, averti par les mages que vient de naître à Bethléem le roi des Juifs, décide de faire exécuter tous les enfants de moins de 2 ans. Poussin limite le nombre des protagonistes, il réduit sa palette aux couleurs primaires. La composition est construite sur deux diagonales qui convergent vers le visage de la mère terrifiée et hurlante.

Esther et Assuérus, Botticelli et Lippi (vers 1475)

Localisation : Le Santuario

Lorsqu’une jeune fille de la bonne société florentine se mariait au XVe siècle, elle recevait un coffre « cassone » en cadeau. Les peintures figurées sur les côtés de ces coffres représentent en général des scènes liées à l’amour et au mariage. Ce panneau peint dévoile ainsi une histoire tirée de la Bible : celle d’Esther et Assuérus. Filippino Lippi (1457-1504), était un élève de Botticelli, dont on retrouve ici les figures élancées. Ce panneau est une magnifique illustration des règles de la perspective, qui viennent d’être mises au point à la Renaissance.

La Madone de la maison d'Orléans de Raphaël (vers 1506-1507)

Localisation : Le Santuario

Ce tableau peint par Raphaël (1483-1520) appartenait aux collections des Orléans jusqu’à la Révolution, d’où son nom. En 1791 Louis-Philippe-Joseph d’Orléans vendit ses peintures et le tableau passa en Angleterre, où le duc d’Aumale le racheta en 1869 en raison de sa provenance familiale. Il s’agit d’un magnifique exemple des Vierges de dévotion réalisées par Raphaël dans sa jeunesse, encore très médiéval dans son iconographie. Le pot de « tyriana » à l’arrière-plan est un remède contre les morsures de serpent, symbole du mal. Le tyriana et la pomme sont donc l’image du rachat du péché par le Christ.

La Vierge de Lorette de Raphaël (1509)

Localisation : La Rotonde

Jusqu’en 1976, ce tableau était considéré comme la copie d’un original perdu de Raphaël (1483-1520). Lors de sa restauration, fut identifié le numéro 133 inscrit dans un angle du tableau, qui correspondait au numéro porté par l’original de Raphaël dans la collection Borghèse à Rome.
Ce petit rectangle atteste de l’état très obscurci du tableau avant sa restauration. Cette scène familiale montrant la Vierge tendant un voile au-dessus de son fils, est prétexte à évoquer le destin tragique de Jésus : ce voile symbolise traditionnellement le linceul du Christ.

Portrait de François Ier, Jean Clouet (vers 1515)

Localisation : Le Cabinet des Clouet

Ce portrait représente François Ier, roi de France entre 1515 et 1547. Le roi vient juste de monter sur le trône et de remporter la bataille de Marignan. Le jeune souverain ne porte ni couronne, ni insigne royal.
Ce portrait est caractéristique du style de Jean Clouet (1480-1541). Le personnage se détache sur un fond neutre. Les traits du visage sont dessinés de façon très réaliste à la manière flamande. La pose est hiératique, majestueuse et le modèle ne regarde généralement pas le spectateur.

 

Autoportrait à vingt-quatre ans, Ingres (1804)

Localisation : La Tribune

Cet autoportrait a été commencé par Ingres (1780-1867) à l’âge de 24 ans, au tout début de sa carrière. Le tableau était alors très différent de ce qu’il est aujourd’hui : il comportait en effet de nombreux détails dans le costume et montrait l’artiste peignant le portrait de son ami Gilibert.
Mal accueilli par la critique en 1806, lngres le laissa de côté, le reprit plusieurs fois et l’acheva finalement à l’âge de 71 ans. Ingres a épuré son portrait, ôtant les détails superflus. La palette se réduit à quelques tons chauds, qui mettent en valeur le visage souligné par le blanc de la chemise.

 

Portrait de Madame Duvaucey, Ingres (1807)

Localisation : La Tribune

Madame Duvaucey était la maîtresse du baron Alquier, ambassadeur de France près le Saint-Siège, elle fut peinte par Ingres en 1807 pendant son séjour à Rome. Ce tableau a été surnommé la « Joconde » d’Ingres (1780-1867). C’est le premier et l’un des plus beaux portraits féminins de l’artiste, tout en courbes.
Ruinée à la fin de sa vie, elle rapporta le portrait à Ingres qui le lui racheta.

Gabrielle d'Estrées au bain, école française de la fin du XVIe siècle (1598-1599)

Localisation : La Galerie de Peinture

La composition est tirée du tableau de Clouet Diane de Poitiers au bain, mais il s’agit ici de la maîtresse du roi Henri IV avec ses fils, César et Alexandre dans les bras de sa nourrice. Les fleurs et les fruits symbolisent la beauté et la fécondité de la jeune femme. Celle qui était surnommée la « presque reine » incarnait l’idéal de beauté au XVIe siècle, habillée d’un simple voile transparent qui révèle les lignes de son corps, elle se détache sur le fond rouge d’un lourd rideau théâtral. Les roses et les perles, attributs de Vénus, associent la jeune femme à la déesse de l’Amour et de la Beauté.

L’Amante inquiète, Jean-Antoine Watteau (1715-1717)

Localisation : Salle Caroline

Au début du XVIIIe siècle, Watteau (1684-1721) créa un genre nouveau en peinture, celui des « fêtes galantes ».
Ses œuvres représentent fréquemment des personnages de la commedia dell’arte, il les met en scène au milieu de fêtes dans des parcs à la tombée du jour où les jeunes gens courtisent les jeunes femmes dans des ambiances un peu mélancoliques. Les roses tenues par la jeune femme représenteraient ainsi le symbole d’un amour déjà consumé.

Le Déjeuner d’huîtres, Jean-François de Troy (1735)

Localisation : La Galerie de Peinture

Ce tableau exécuté par Jean-François de Troy (1679- 1752) fut commandé en 1735 par le roi Louis XV pour la salle à manger des Petits Appartements du château de Versailles, dite des retours de chasse, d’où l’absence de femmes. C’est là qu’il invitait ses amis à déjeuner après la chasse à courre.
Les gentilshommes mangent des huîtres, très à la mode au XVIIIe siècle, dans de la vaisselle d’argent massif et boivent du Champagne, serviteurs et convives suivent des yeux le bouchon, visible au milieu de la colonne de gauche. 

Le Concert champêtre, Jean-Baptiste-Camille Corot (1844-1857)

Localisation : La Galerie de Peinture

Au bord d’un étang, une violoncelliste joue de la musique. L’une de ses compagnes chante à ses côtés, tandis que l’autre les écoute, allongée dans l’herbe. Les visages de ces jeunes femmes sont à peine esquissés, comme si c’était la musique elle-même que le peintre avait voulu représenter.
Ce tableau de Camille Corot (1796-1875) est l’un des derniers acquis par le duc d’Aumale. Ce dernier disait qu’il aimait que la peinture lui raconte une histoire.